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Formation Claude

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La recherche web et la recherche approfondie

Quand Claude cherche, ce qu’il ramène, comment cadrer une recherche pour obtenir des sources vérifiables, et ce que la recherche approfondie fait de plus.

8 min de lecturePartie 3 — L’application au quotidien

À la fin de ce chapitre, vous saurez

  • Savoir quand exiger une recherche et quand l’interdire
  • Cadrer une recherche pour obtenir des sources utilisables plutôt qu’un digest
  • Utiliser la recherche approfondie sur les sujets qui le justifient
  • Vérifier ce qui revient d’une recherche, sans tout relire
Dans ce chapitre
  1. Ce qui se passe quand Claude cherche
  2. Cadrer une recherche
  3. La recherche approfondie
  4. Vérifier sans tout relire
  5. Interdire la recherche
  6. Ce qu’il faut retenir

Les connaissances de Claude s’arrêtent à une date. Sur tout ce qui bouge — produits, réglementation, marchés, actualité, et Claude lui-même — cette limite est bloquante.

La recherche web comble le trou, à condition de savoir ce qu’elle fait et ce qu’elle ne fait pas.

Ce qui se passe quand Claude cherche

Le mécanisme reste celui du chapitre 1. Claude produit une requête, le système l’exécute, les résultats reviennent dans son contexte, et il continue à rédiger à partir de là.

Trois conséquences pratiques.

Ce qui revient occupe la fenêtre. Une recherche large peut ramener des dizaines de milliers de jetons. Sur une conversation déjà chargée, c’est ce qui pousse le reste dehors.

Il lit ce qui revient, pas le web. Il ne consulte pas des dizaines de pages en profondeur : il travaille sur des extraits. Une information enfouie dans une page longue peut lui échapper.

Le déclenchement est une décision du modèle. Il cherche souvent, mais pas systématiquement. Sur un sujet qu’il « croit » connaître, il peut répondre de mémoire — avec des informations périmées.

Cadrer une recherche

Une recherche mal cadrée produit un digest d’articles de vulgarisation. Voici ce qui change le résultat.

Recherche cadrée et vérifiable
Cherche sur le web : [question précise].

Contraintes de recherche :
- Priorité aux sources primaires : textes officiels, communiqués des
  acteurs concernés, documents des autorités. Les articles de presse
  ne servent qu’à trouver les sources primaires.
- Rien de publié il y a plus de [durée] sur les points qui évoluent.
- Périmètre géographique : [pays], et signale-moi si tu ne trouves que
  des sources étrangères.

Format de réponse :
Pour chaque affirmation : l’affirmation, l’URL, la date de publication,
et la citation exacte du passage qui la soutient.

À la fin, deux sections obligatoires :
- « Sources qui se contredisent » : les points où elles divergent
- « Ce que je n’ai pas trouvé » : les parties de ma question restées
  sans réponse sourcée

N’utilise aucune connaissance de mémoire. Si tu n’as pas trouvé,
écris-le au lieu de compléter.

Trois éléments font la différence.

La date de publication. Le point le plus souvent oublié, et le plus important. Une excellente source vieille de trois ans est fausse sur un sujet mouvant.

Les sources qui se contredisent. C’est presque toujours l’information la plus utile. Une synthèse lisse vous cache que le sujet est disputé.

Ce qui n’a pas été trouvé. Sans cette section, l’absence de résultat devient une affirmation générale par comblement.

La recherche approfondie

C’est un mode différent, pas une recherche plus longue.

Sur une recherche ordinaire, Claude cherche, lit et répond. En recherche approfondie, il enchaîne plusieurs cycles : il cherche, lit, identifie ce qui manque, reformule ses requêtes, cherche encore, recoupe. Le travail prend plusieurs minutes et produit un document avec ses sources.

Ce que ça justifie : un panorama concurrentiel, une revue réglementaire sur plusieurs juridictions, un état de l’art, une question où les sources se contredisent et où il faut trancher.

Ce que ça ne justifie pas : une question à réponse unique. « Quel est le taux de TVA sur ce produit » n’a pas besoin de vingt minutes de recherche.

Le cadrage compte encore plus qu’en recherche simple, parce qu’une recherche approfondie mal cadrée produit vingt pages hors sujet.

Cadrage d’une recherche approfondie
Sujet : [le sujet, précisément délimité].

Décision que ce travail doit éclairer : [ce que vous ferez du résultat].
Sans cette précision, tu ne sauras pas quoi approfondir.

Ce qui est dans le périmètre : [liste].
Ce qui est hors périmètre : [liste — sois strict, c’est ce qui évite
la dispersion].

Structure attendue :
1. La réponse à la question, en dix lignes, en premier
2. Ce qui la soutient, par sous-question, avec les sources
3. Les points où les sources divergent, et ton appréciation de leur
   fiabilité respective
4. Ce qui reste inconnu ou non documenté publiquement
5. Les trois questions que ce travail soulève

Sur les chiffres : leur date, leur périmètre et leur méthode de calcul,
ou ne les cite pas.

Vérifier sans tout relire

Une réponse sourcée n’est pas une réponse vérifiée. Trois contrôles suffisent, et prennent cinq minutes.

La source existe. Ouvrez trois URL au hasard. Une URL inventée est rare mais possible, et c’est disqualifiant.

La date correspond. Comparez la date annoncée et la date réelle de la page. Un décalage est le signal d’une source mal lue.

La source dit bien ce qu’on lui fait dire. C’est le contrôle qui casse le plus souvent. La source existe, la date est bonne, mais l’affirmation va un cran plus loin que ce que le texte affirme — une nuance a sauté, un « pourrait » est devenu un « va ».

Auto-contrôle d’une recherche
Reprends la réponse que tu viens de produire.

Pour chaque affirmation, classe-la :
- ÉTABLIE : la source la dit explicitement
- INFÉRÉE : tu l’as déduite de la source sans qu’elle l’affirme
- DE MÉMOIRE : elle ne vient d’aucune source de cette recherche

Puis dis-moi laquelle des affirmations « inférées » est la plus
risquée, et pourquoi.

Les affirmations « inférées » sont exactement celles à vérifier, et elles sont généralement peu nombreuses.

Interdire la recherche

Cas moins connu, mais réel. Sur un document que vous avez fourni, une recherche web peut polluer l’analyse : Claude complète le document avec des usages du secteur, et vous ne distinguez plus ce qui vient de votre contrat de ce qui vient d’Internet.

Ne cherche pas sur le web. Réponds uniquement à partir des documents que je t’ai fournis. Si l’information n’y est pas, dis-le.

C’est la bonne consigne sur toute analyse documentaire à enjeu.

Une veille concurrentielle qui tient debout

La situation

Votre direction veut savoir ce que font trois concurrents sur un segment donné, et si leur positionnement a bougé depuis un an.

Ce qui ne marche pas

Demande à copier
Que font [concurrent A], [concurrent B] et [concurrent C] sur le marché
du [segment] ?

Vous obtenez un texte fluide mélangeant des éléments exacts, des éléments périmés et des généralités de secteur, sans distinction possible.

Le cadrage qui marche

Veille concurrentielle sourcée
Recherche approfondie sur trois concurrents : [A], [B], [C], sur le
segment [segment], en [pays].

Décision à éclairer : faut-il maintenir notre positionnement actuel sur
ce segment, ou le déplacer ?

Pour CHAQUE concurrent, et dans cet ordre :
1. Offre actuelle sur ce segment, telle que décrite par eux
2. Ce qui a changé depuis 12 mois — avec la date de chaque changement
3. Signaux publics : recrutements, communiqués, brevets, partenariats
4. Ce qui n’est pas public et qu’on ne peut donc pas savoir

Hors périmètre : leur situation financière globale, leurs autres
segments, l’historique au-delà de 18 mois.

Sources : leurs propres publications d’abord. La presse ne sert qu’à
dater un événement.

Pour chaque affirmation : URL, date de publication, citation.

Termine par : « Ce que ces trois concurrents font tous les trois »
et « Ce qu’aucun ne fait ».

La vérification

Trois URL ouvertes au hasard, l’auto-contrôle établi/inféré/de mémoire, et lecture attentive des seules affirmations inférées.

Ce que ça donne

La dernière section est celle qui décide. « Ce qu’aucun ne fait » est souvent le seul élément réellement actionnable d’une veille concurrentielle — et personne ne pense à le demander.

Ce qu’il faut retenir

Vérifier que c’est passé

3 questions. Rien n’est enregistré, rien n’est envoyé : c’est pour vous.

Question 1

Vous demandez une information récente sans préciser qu’il faut chercher. Que risque-t-il de se passer ?

Voir la réponse

C — Il peut répondre de mémoire, avec des informations périmées, sans le signaler clairement

Le déclenchement de la recherche est décidé par le modèle. Il se déclenche souvent, mais pas toujours — et sur un sujet qu’il « croit » connaître, il peut répondre de mémoire. Sur tout ce qui est daté, exigez explicitement la recherche.

Question 2

Que faut-il demander pour rendre une recherche vérifiable ?

Voir la réponse

C — Pour chaque affirmation : l’URL, la date de publication, et la citation du passage qui la soutient

La date de publication est le point le plus souvent oublié, et c’est le plus important : une source excellente mais vieille de trois ans est fausse sur un sujet mouvant. La citation permet de vérifier que la source dit bien ce qu’on lui fait dire.

Question 3

Quand la recherche approfondie est-elle réellement justifiée ?

Voir la réponse

A — Quand la question demande de croiser plusieurs sources et de traiter les désaccords entre elles

La recherche approfondie enchaîne plusieurs cycles de recherche et de lecture, en affinant ses requêtes. Sur une question à réponse unique, c’est disproportionné. Sur un panorama où les sources se contredisent, c’est exactement l’outil.

Vérifier une recherche en cinq minutes

Faites chercher une information de votre domaine dont vous connaissez la réponse — un chiffre de marché, une obligation réglementaire, la position d’un concurrent. Exigez URL, date et citation pour chaque affirmation. Puis ouvrez trois sources au hasard et vérifiez trois choses : la source existe, elle date bien de ce qui est annoncé, et elle dit bien ce qu’on lui fait dire. Vous saurez en cinq minutes ce que vaut une recherche sur vos sujets.

Un indice, si vous bloquez

Le point qui casse le plus souvent est le troisième : la source existe, la date est bonne, mais l’affirmation va un cran plus loin que ce que le texte dit.