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Formation Claude

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La mémoire

Ce que Claude retient d’une conversation à l’autre, comment le piloter, et pourquoi une mémoire non surveillée devient un handicap plutôt qu’un confort.

6 min de lecturePartie 3 — L’application au quotidien

À la fin de ce chapitre, vous saurez

  • Distinguer la mémoire, le contexte et les instructions de projet
  • Décider ce qui mérite d’être retenu et ce qui doit rester ponctuel
  • Corriger ou effacer un souvenir devenu faux
  • Éviter que la mémoire ne contamine des sujets sans rapport
Dans ce chapitre
  1. Trois mécanismes qu’il ne faut pas confondre
  2. Ce qui mérite d’être retenu
  3. La piloter
  4. Ce qui ne doit pas y entrer
  5. Mémoire et travail en équipe
  6. Ce qu’il faut retenir

Claude peut retenir d’une conversation à l’autre ce qu’il a appris de vous : votre métier, vos préférences de rédaction, le contexte de vos projets récurrents. C’est confortable, et c’est aussi la fonctionnalité qui se retourne le plus facilement contre son utilisateur.

Ce chapitre explique quoi y mettre, quoi en sortir, et pourquoi il faut la relire régulièrement.

Trois mécanismes qu’il ne faut pas confondre

MécanismePortéeQui l’écritDurée de vie
Le contexteUne conversationPersonne, c’est l’historiqueLa conversation
La mémoireToutes vos conversationsClaude, à partir de vos échangesJusqu’à ce que vous l’effaciez
Les instructions de projetLes conversations d’un projetVousJusqu’à ce que vous les changiez

La distinction pratique tient en une phrase : on écrit dans les instructions ce qui doit être vrai ; on surveille dans la mémoire ce que Claude a déduit.

Ce qui est délibéré, structurant et durable a sa place dans un projet (chapitre 14) ou dans une compétence (chapitre 17). La mémoire sert au reste : les préférences transversales, le contexte personnel, les habitudes.

Ce qui mérite d’être retenu

Un test simple : est-ce vrai dans plus d’un contexte, et est-ce stable ?

Oui. Votre métier et votre secteur. Le fait que vous préfériez des réponses courtes. Que vous travailliez en français mais avec une documentation anglaise. Que vous ne vouliez jamais de listes à puces. Que vos interlocuteurs habituels ne soient pas techniques.

Non. Le nom du client sur lequel vous travaillez cette semaine. Les chiffres d’un dossier en cours. Une décision liée à un projet ponctuel. Tout ce qui concerne des personnes identifiables.

La piloter

Trois gestes, tous explicites.

Faire retenir. Dites-le : « Retiens que dans mes documents, on écrit toujours “collaborateur” et jamais “employé”. »

Faire oublier. Symétriquement : « Oublie ce que tu as retenu à propos du projet Dupont, il est terminé. »

Vérifier. La question la plus utile du chapitre :

Inventaire de ce qui est retenu
Liste tout ce que tu as retenu à mon sujet, sans rien omettre.

Pour chaque élément : ce que tu as retenu, et de quel type de
conversation cela vient d’après toi.

Signale ceux qui pourraient être devenus faux avec le temps.

Les réglages de l’application permettent également de consulter et de modifier la mémoire directement, ce qui est plus fiable que de passer par la conversation.

Ce qui ne doit pas y entrer

La mémoire ressort dans des conversations sans rapport, parfois devant quelqu’un à qui vous montrez votre écran, parfois dans une réponse que vous transférez.

Les données personnelles de tiers. Noms, situations, informations sur des collaborateurs ou des clients. Sujet développé au chapitre 35.

Les informations confidentielles ponctuelles. Un montant en cours de négociation, une réorganisation non annoncée, une difficulté financière.

Les identifiants et les secrets. Cela devrait aller sans dire, et cela va mieux en le disant : jamais de mot de passe, de clé ou de jeton dans une conversation, à plus forte raison dans la mémoire.

Dans un cadre professionnel, la mémoire peut être désactivée ou encadrée par votre organisation. Si c’est votre cas, les instructions de projet remplacent avantageusement la fonctionnalité, avec un contrôle explicite en plus.

Mémoire et travail en équipe

Un point que beaucoup découvrent trop tard : votre mémoire est personnelle. Un collègue qui pose la même question dans le même projet n’obtient pas la même réponse, parce que sa mémoire est différente.

Concrètement : si un comportement doit être partagé par toute l’équipe, il n’a rien à faire en mémoire. Il va dans les instructions du projet, ou dans une compétence déployée à l’organisation.

C’est la règle qui évite le cas classique : « chez moi ça marchait ».

Une mémoire mise au propre

La situation

Vous utilisez Claude depuis huit mois. Les réponses vous paraissent de moins en moins ajustées, sans que vous sachiez pourquoi. Vous soupçonnez la mémoire.

L’inventaire

Vous demandez l’inventaire complet. Vous découvrez seize éléments retenus, dont :

  • votre métier et votre secteur — utile, à garder ;
  • une préférence pour les réponses courtes — utile ;
  • le fait que vous travailliez sur une migration technique — terminée depuis cinq mois ;
  • que vous préférez les exemples en anglais — vrai pendant deux semaines, faux depuis ;
  • le nom d’un client et le montant de son contrat — n’aurait jamais dû y être ;
  • que vous préparez un recrutement — terminé.

Le tri

Nettoyage de la mémoire
Voici ce que je veux que tu oublies définitivement :
- tout ce qui concerne le projet de migration
- la préférence pour les exemples en anglais
- tout ce qui concerne le client [nom] et son contrat
- tout ce qui concerne le recrutement

Voici ce que je veux que tu retiennes à la place :
- Je travaille en français, y compris sur les sujets techniques.
- Mes interlocuteurs habituels ne sont pas techniques : évite le
  vocabulaire de métier sans l’expliquer.

Confirme-moi la liste de ce qui reste après ces modifications.

Le réflexe qui suit

Vous déplacez ce qui est réellement structurant vers les instructions de vos projets. La mémoire ne garde que le transversal : métier, langue, préférences de forme.

Ce que ça change

Les réponses redeviennent ajustées, et surtout : elles le restent, parce que ce qui les gouverne est maintenant écrit quelque part que vous pouvez relire.

Ce qu’il faut retenir

Vérifier que c’est passé

3 questions. Rien n’est enregistré, rien n’est envoyé : c’est pour vous.

Question 1

Quelle est la différence entre la mémoire et les instructions d’un projet ?

Voir la réponse

C — La mémoire est constituée au fil des conversations et vous la corrigez ; les instructions de projet sont écrites par vous et s’appliquent à un périmètre défini

La mémoire est un enregistrement de ce que Claude a appris de vous en travaillant. Les instructions de projet sont une consigne délibérée, limitée à un périmètre. On écrit dans les secondes ce qui doit être vrai ; on surveille la première.

Question 2

Vous changez de méthode de travail. Que faut-il faire de la mémoire ?

Voir la réponse

C — Aller corriger ou supprimer le souvenir concerné, sinon il continuera de s’appliquer

Un souvenir périmé continue de s’appliquer silencieusement, et c’est le principal défaut d’une mémoire non surveillée : elle vous impose vos habitudes d’il y a six mois sans que rien ne le signale.

Question 3

Quel type d’information ne devrait jamais entrer en mémoire ?

Voir la réponse

A — Des données personnelles de tiers, ou des informations confidentielles ponctuelles

Ce qui est en mémoire ressort dans des conversations sans rapport, parfois devant quelqu’un à qui vous montrez votre écran. Les données sur des tiers et les informations confidentielles ponctuelles n’ont rien à y faire.

L’inventaire de mémoire

Ouvrez les réglages de mémoire et lisez tout ce qui y figure, ligne par ligne. Pour chaque élément, posez trois questions : est-ce encore vrai, est-ce utile dans plus d’un contexte, et serais-je gêné que cela ressorte dans une conversation sans rapport ? Supprimez tout ce qui échoue à l’une des trois. Refaites l’exercice tous les trimestres.

Un indice, si vous bloquez

Attendez-vous à trouver des souvenirs issus d’un projet ponctuel terminé depuis longtemps. Ce sont eux qui polluent le plus.