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Formation Claude

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Les Projects

L’espace de travail qui porte votre contexte durable : documents de référence, instructions permanentes, gabarits. Comment en écrire un qui tienne, et comment le faire vivre.

8 min de lecturePartie 3 — L’application au quotidien

À la fin de ce chapitre, vous saurez

  • Décider ce qui va dans un projet et ce qui reste dans une conversation
  • Écrire des instructions de projet qui produisent un résultat stable
  • Choisir les documents de référence sans saturer le contexte
  • Faire vivre un projet plutôt que de le laisser se périmer
Dans ce chapitre
  1. Ce qui change concrètement
  2. La bonne granularité
  3. Écrire les instructions
  4. Les documents de référence
  5. Les exemples valent plus que les règles
  6. Faire vivre un projet
  7. Ce qu’il faut retenir

Un projet est un espace de travail qui porte trois choses : des instructions permanentes, des documents de référence, et l’ensemble des conversations qui s’y rattachent. Toute conversation ouverte dans le projet en hérite automatiquement.

C’est la réponse structurelle au problème posé depuis le chapitre 1 : Claude ne connaît pas votre organisation. Un projet la lui donne, une fois pour toutes.

Ce qui change concrètement

Sans projet, chaque conversation repart de zéro. Vous recollez votre contexte, votre charte, votre plan type — ou vous ne le faites pas, et vous obtenez du générique.

Avec un projet, ce contexte est présent à chaque conversation sans occuper l’historique. C’est une différence importante par rapport au fait de le coller dans un message : les instructions de projet ne se font pas pousser dehors quand la conversation s’allonge. Le chapitre 3 explique pourquoi cela compte.

La bonne granularité

C’est la décision qui détermine si vos projets serviront ou non.

Trop large. Un projet « Mon entreprise » finit avec quarante documents hétérogènes et des instructions si générales qu’elles ne disent rien. Le contexte est chargé, la précision est nulle.

Trop étroit. Un projet par dossier client, c’est une administration à tenir pour un bénéfice marginal.

La bonne unité est le contexte de travail récurrent : une tâche que vous refaites régulièrement, avec les mêmes règles et les mêmes références.

Des exemples qui fonctionnent : « Appels d’offres publics », « Comptes rendus de comité », « Documentation produit », « Réponses au support », « Notes juridiques », « Contenus LinkedIn ».

Le test : si deux tâches n’ont ni les mêmes règles ni les mêmes documents, ce sont deux projets.

Écrire les instructions

C’est le cœur du projet, et la partie que la plupart des gens bâclent. Une bonne instruction de projet contient cinq blocs.

Structure d’instructions de projet
## Contexte
Nous sommes [quoi], nous faisons [quoi], pour [qui]. Ce qui nous
distingue : [précis, pas de slogan]. Notre marché : [en une phrase].

## Ce que je te demande dans ce projet
Le type de travail attendu ici, et rien d’autre. Si je te demande autre
chose, dis-moi que ce n’est pas le bon projet.

## Vocabulaire imposé
On écrit « collaborateur », jamais « employé ».
On écrit « prestation », jamais « mission ».
On ne dit jamais « solution » pour parler de notre offre.

## Format par défaut
[Le gabarit, ou le plan type, ou la structure attendue.]
Sauf demande contraire dans le message, applique ce format.

## Interdits permanents
Formules à ne jamais utiliser : [liste].
Ne jamais inventer de chiffre : si une donnée manque, écris
« à compléter » et signale-le en fin de réponse.
Ne jamais citer de client nommément.

Trois principes qui distinguent une instruction utile d’une instruction décorative.

Écrivez ce qui est faux ailleurs. « Sois professionnel » ne dit rien : Claude l’est déjà. « On écrit collaborateur, jamais employé » dit quelque chose de vérifiable.

Mettez les interdits. Ils sont plus efficaces que les consignes positives, pour les raisons vues au chapitre 6.

Ajoutez la clause de garde. « Si je te demande autre chose que [le périmètre], dis-moi que ce n’est pas le bon projet. » Cette phrase évite que le projet dérive et finisse par servir à tout.

Les documents de référence

Un projet peut porter des documents. Ils sont disponibles dans toutes ses conversations.

Ce qui a sa place : votre charte éditoriale, vos gabarits, votre grille tarifaire, votre glossaire interne, une plaquette produit, des exemples de livrables réussis, la documentation d’une méthode.

Ce qui n’a pas sa place : les documents volumineux et rarement utiles, les dossiers d’un client particulier, tout ce qui change chaque semaine.

Le critère est le rapport entre le poids et la fréquence d’usage. Un document de deux cents pages consulté une fois par mois se joint ponctuellement ; il n’a rien à faire en permanence dans un projet.

Les exemples valent plus que les règles

Le point le plus sous-exploité des projets.

Un document contenant trois livrables réussis vaut mieux que deux pages de consignes de style. Le chapitre 6 l’a établi : un exemple fixe simultanément la longueur, la structure, le registre et le niveau de détail.

Constituez un document « Exemples de référence » contenant, pour chaque type de livrable du projet, un exemplaire que vous jugez réussi. Précisez dans les instructions : « Le document Exemples de référence fixe le style attendu. Aligne-toi dessus. »

Et respectez la mise en garde du chapitre 6 : variez vos exemples, sinon ils enferment.

Faire vivre un projet

Un projet est un objet vivant. Trois habitudes suffisent.

Corriger l’instruction, pas la réponse. Quand vous devez faire la même correction pour la troisième fois, arrêtez de corriger et ajoutez une ligne aux instructions. C’est le seul réflexe qui compte vraiment.

Verser les réussites dans les exemples. Un livrable particulièrement bon rejoint le document d’exemples.

Réviser tous les trimestres. Les instructions comme les documents. Ce qui ne sert plus sort.

Revue de projet
Voici les instructions actuelles de ce projet.

En te fondant sur nos conversations récentes dans ce projet :
1. Quelles instructions n’ont visiblement servi à rien ?
2. Quelles corrections t’ai-je faites plusieurs fois, qui devraient
   être des instructions ?
3. Y a-t-il des instructions qui se contredisent ?
4. Quelles instructions me font perdre du temps parce qu’elles sont
   trop générales pour être appliquées ?

Un projet « Réponses aux appels d’offres »

La situation

Vous répondez à une quinzaine d’appels d’offres par an. Chaque réponse mobilise les mêmes références, le même ton, la même structure — et vous recommencez le cadrage à chaque fois.

Les instructions

Instructions du projet
## Contexte
Cabinet de [métier], [effectif] personnes, basé à [ville]. Nous
répondons à des appels d’offres publics et privés dans [secteurs].
Notre différenciation réelle : [précis]. Notre point faible connu :
notre taille, qui inquiète les gros donneurs d’ordre.

## Ce que je te demande dans ce projet
Analyser des cahiers des charges, préparer et rédiger nos réponses.
Si je te demande autre chose, signale-moi que ce n’est pas le bon projet.

## Méthode imposée
Sur tout nouveau cahier des charges, commence TOUJOURS par :
1. la liste exhaustive des exigences obligatoires, avec leur référence
2. celles auxquelles nous ne répondons pas aujourd’hui
3. les critères de notation et leur pondération
4. les pièces à fournir, et lesquelles se préparent longtemps à l’avance
5. les questions à poser à l’acheteur avant la date limite

Ne rédige aucune partie de la réponse avant que j’aie validé ce cadrage.

## Vocabulaire
« Cabinet », jamais « société ». « Intervention », jamais « mission ».
Nous ne parlons jamais de « solution » ni d’« accompagnement ».

## Interdits
Ne jamais inventer une référence client, un chiffre ou une
certification. Si une information manque, écris « [À COMPLÉTER : …] »
et récapitule ces trous en fin de réponse.
Ne jamais promettre un délai que je n’ai pas validé.

Les documents

La plaquette, la grille tarifaire, la liste des références autorisées à être citées, et un document « Exemples » contenant trois réponses gagnantes — dont une sur un marché que vous aviez failli perdre, pour montrer comment une faiblesse s’assume.

Ce que ça change

Le cadrage d’un nouvel appel d’offres passe de deux heures à vingt minutes. Et la mention « [À COMPLÉTER] » fait apparaître, à chaque réponse, la liste exacte de ce qu’il vous manque — c’est-à-dire la vraie liste de vos actions.

Six mois plus tard

Vous relisez les instructions. Vous constatez que vous corrigez systématiquement le même point sur la partie méthodologie : vous ajoutez une ligne. Vous retirez un document que vous n’avez jamais ouvert. Le projet reste net.

Ce qu’il faut retenir

Vérifier que c’est passé

3 questions. Rien n’est enregistré, rien n’est envoyé : c’est pour vous.

Question 1

Quelle est la bonne granularité pour un projet ?

Voir la réponse

A — Un projet par contexte de travail récurrent, avec ses propres documents et sa propre méthode

Un projet unique et fourre-tout dilue les instructions et charge le contexte de documents hors sujet. Un projet par conversation n’a aucun intérêt. La bonne unité est le contexte récurrent : « Appels d’offres », « Comptes rendus de comité », « Documentation produit ».

Question 2

Que faut-il éviter de mettre dans les documents de référence d’un projet ?

Voir la réponse

B — Tout ce qui est volumineux et rarement utile : ces documents entrent dans le contexte de chaque conversation

Les documents d’un projet pèsent sur toutes ses conversations. Un document de 200 pages consulté une fois par mois vaut mieux joint ponctuellement. Gardez dans le projet ce qui sert presque toujours.

Question 3

Vos instructions de projet et votre message se contredisent. Que se passe-t-il ?

Voir la réponse

C — Le message, plus spécifique, l’emporte généralement — ce qui permet de déroger ponctuellement

Le plus spécifique l’emporte le plus souvent, ce qui est commode pour une exception ponctuelle. Mais un conflit permanent produit des résultats instables : si vous dérogez systématiquement, c’est l’instruction qu’il faut corriger.

Le projet de votre tâche la plus répétitive

Identifiez la tâche que vous confiez le plus souvent à Claude. Ouvrez trois conversations où vous l’avez faite, et surlignez tout ce que vous avez recopié à l’identique dans les trois : le contexte, les règles, le format, les interdits. C’est exactement le contenu de vos instructions de projet. Écrivez-les, créez le projet, et refaites la tâche pour voir ce qui manque encore.

Un indice, si vous bloquez

Ce que vous avez recopié trois fois sans y penser est ce qui compte. Ce que vous n’avez écrit qu’une fois relève probablement du cas particulier.