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Formation Claude

Tapez au moins deux lettres.

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Contrôler le format des réponses

Obtenir un tableau exploitable, un JSON valide, un plan stable ou un texte à la bonne longueur — et faire tenir ces contraintes sur cent réponses au lieu d’une.

8 min de lecturePartie 2 — L’art de la demande

À la fin de ce chapitre, vous saurez

  • Obtenir une sortie exploitable directement, sans remise en forme
  • Faire tenir un format sur une série entière plutôt que sur un exemple
  • Contrôler la longueur autrement qu’en demandant « sois concis »
  • Savoir quel format demander selon ce que vous ferez du résultat
Dans ce chapitre
  1. Quel format pour quel usage
  2. Le squelette à trous
  3. Les tableaux
  4. Contrôler la longueur
  5. Sortie machine : JSON et CSV
  6. Faire tenir un format sur une série
  7. Ce qu’il faut retenir

Une réponse juste mais mal formée vous fait perdre le bénéfice du travail : vous la relisez, vous la découpez, vous la ressaisissez. Ce chapitre traite la mise en forme comme une contrainte à poser, et non comme un résultat à espérer.

C’est aussi le chapitre qui fait la transition vers l’usage sérieux : ce qui permet de traiter cent documents de la même façon plutôt qu’un seul correctement.

Quel format pour quel usage

Le choix se déduit de ce que vous ferez du résultat.

Ce que vous en ferezFormat à demander
Le lire et déciderPuces, conclusion en premier
Le comparer à d’autresTableau, colonnes imposées
Le coller dans un documentTitres et paragraphes, sans balisage
L’importer dans un tableurCSV, séparateur précisé
Le faire lire par un programmeJSON, schéma imposé
Le réutiliser comme gabaritSquelette à trous

L’erreur courante est de demander un beau texte quand on voulait une donnée. Un « résumé » de vingt lignes se relit ; un tableau à quatre colonnes se trie, se filtre et se compare.

Le squelette à trous

C’est l’outil central de ce chapitre. Plutôt que de décrire la structure attendue, écrivez-la vide et demandez qu’elle soit remplie.

Fiche de qualification, format imposé
Remplis exactement ce gabarit pour l’entreprise ci-dessous. Ne modifie
ni les intitulés, ni l’ordre, ni la ponctuation. N’ajoute aucune section.

---
ENTREPRISE :
SECTEUR :
EFFECTIF (fourchette) :
BESOIN IDENTIFIÉ (une phrase) :
DÉCLENCHEUR (ce qui rend le sujet urgent maintenant) :
INTERLOCUTEUR PROBABLE (fonction, jamais un nom inventé) :
OBJECTION ATTENDUE :
NIVEAU D’INTÉRÊT : élevé | moyen | faible | insuffisant pour trancher
SOURCE DE CHAQUE INFORMATION : [document, page]
---

Règles de remplissage :
- Un champ sans information dans les documents fournis se remplit avec
  « non déterminé ». Ne déduis pas.
- NIVEAU D’INTÉRÊT ne peut pas valoir « élevé » si DÉCLENCHEUR est
  « non déterminé ».

Documents : [joindre]

Trois choses rendent ce gabarit robuste, et elles se retrouvent dans tous les bons gabarits.

Les champs sont nommés, pas décrits. Pas de « présente le contexte », mais un intitulé exact.

La règle du champ vide est explicite. C’est ce qui empêche le remplissage plausible — le mécanisme du chapitre 4.

Une règle de cohérence croise deux champs. C’est ce qui empêche la fiche flatteuse.

Les tableaux

Un tableau n’est utile que si ses colonnes sont décidées avant de regarder les données. Sinon vous obtenez des colonnes taillées pour le premier document, et inutilisables pour les suivants.

Tableau à colonnes imposées
Produis un tableau avec exactement ces colonnes, dans cet ordre :

| Fournisseur | Prix HT | Délai annoncé | Pénalité de retard | Durée d’engagement | Réversibilité |

Règles :
- Une ligne par fournisseur, aucune ligne de synthèse.
- Les montants avec leur devise et leur unité.
- Une case sans information dans le document : « non précisé ».
- Ne reformule pas les valeurs : recopie les termes du document, même
  s’ils sont ambigus. Les ambiguïtés m’intéressent.

Sous le tableau, une liste séparée : « Points où les fournisseurs ne
répondent pas à la même question ».

La dernière consigne est celle qui rapporte. Dans une comparaison réelle, l’information la plus utile n’est pas dans les cases : c’est que trois fournisseurs sur cinq ont répondu à une autre question que celle posée.

Contrôler la longueur

« Sois concis » ne produit rien de fiable, parce que le modèle n’a pas de curseur de concision. Ce qui marche est structurel.

Consigne inefficaceConsigne qui marche
Sois concisTrois puces, deux lignes maximum chacune
Fais court120 mots, sans titre ni introduction
DéveloppeUne section par point, avec un exemple chiffré dans chacune
Va à l’essentielCommence par la conclusion. Le reste est facultatif, je m’arrêterai peut-être avant

La dernière est particulièrement efficace : en annonçant que vous pourriez ne pas lire la suite, vous forcez la hiérarchisation.

Sortie machine : JSON et CSV

Quand un programme doit lire la sortie, il faut un format strict. Deux règles suffisent dans l’application.

Donner le schéma, pas une description.

Sortie JSON stricte
Réponds uniquement par un objet JSON valide, sans texte avant ni après,
sans balise de code.

Schéma :
{
  "entreprise": string,
  "secteur": string,
  "effectif": "1-10" | "11-50" | "51-250" | "250+" | "inconnu",
  "besoins": string[],
  "niveau_interet": "eleve" | "moyen" | "faible" | "indetermine",
  "sources": [{ "champ": string, "document": string, "page": number }]
}

Règles : aucun champ supplémentaire ; une valeur inconnue prend la
valeur d’énumération prévue, jamais null ; les tableaux vides sont [].

Prévoir le cas où l’information manque. Un schéma sans valeur pour « inconnu » produit des inventions : le modèle doit bien remplir le champ.

Faire tenir un format sur une série

C’est le passage à l’échelle, et il obéit à trois règles.

Une conversation neuve par élément. Le chapitre 3 explique pourquoi : dans une conversation longue, le format dérive. Le document 40 ne sera pas traité comme le document 1.

Le gabarit dans le projet, pas dans le message. Les instructions d’un projet sont présentes à chaque conversation sans être poussées dehors par l’historique. Voir le chapitre 14.

La règle de cohérence, systématiquement. Une contrainte qui croise deux champs attrape les remplissages complaisants — et vous pouvez la vérifier vous-même par un simple tri.

Quand ces trois conditions sont réunies, vous pouvez comparer, trier, agréger. Sinon vous avez cent textes, ce qui n’est pas la même chose que cent fiches.

Cent comptes rendus d’entretiens exploitables

La situation

Vous avez mené 100 entretiens qualitatifs d’une heure, transcrits. Vous devez en tirer une analyse, et non cent résumés.

Étape 1 — le gabarit, testé sur trois cas

Écrivez le squelette, appliquez-le à trois transcriptions choisies pour être très différentes. Comparez. Les champs qui divergent sont ceux dont la règle est ambiguë : corrigez la règle, pas la sortie.

Étape 2 — la série, conversation neuve à chaque fois

Fiche d’entretien
[Le gabarit validé, avec son exemple rempli.]

Transcription à traiter : [joindre une seule transcription]

Rappel : aucune section hors gabarit. Un champ sans information dans
cette transcription se remplit avec « non abordé ». Ne complète jamais
avec ce que d’autres entretiens auraient dit.

La dernière phrase est essentielle : sans elle, les fiches se contaminent et votre analyse finit par mesurer la contamination.

Étape 3 — l’analyse, sur les fiches

Analyse transversale
Voici 100 fiches d’entretien, toutes au même format.

1. Pour chaque champ à valeurs fermées, la distribution chiffrée.
2. Les trois constats que les fiches établissent, avec le nombre de
   fiches qui les soutiennent.
3. Les constats qui semblent forts mais reposent sur moins de cinq
   fiches — signale-les comme fragiles.
4. Les champs les plus souvent « non abordé » : cela nous dira ce que
   notre guide d’entretien a mal couvert.

N’utilise que les fiches.

Ce que le format achète

Le point 4 n’existe que parce que le format est homogène : il mesure les trous du protocole. Sur cent résumés en texte libre, cette information n’est tout simplement pas calculable.

Ce qu’il faut retenir

Vérifier que c’est passé

3 questions. Rien n’est enregistré, rien n’est envoyé : c’est pour vous.

Question 1

Vous voulez limiter la longueur d’une réponse. Quelle consigne fonctionne le mieux ?

Voir la réponse

A — « Trois puces de deux lignes maximum chacune, pas d’introduction »

La concision abstraite n’est pas manipulable : Claude n’a pas de curseur « concis ». Une contrainte structurelle — un nombre d’éléments, une longueur par élément, l’interdiction de l’introduction — se vérifie et s’applique.

Question 2

Vous traitez cent documents avec le même gabarit de sortie. Qu’est-ce qui garantit le mieux l’homogénéité ?

Voir la réponse

C — Donner le gabarit sous forme de squelette à remplir, avec un exemple rempli, et repartir d’une conversation neuve à chaque document

Un squelette accompagné d’un exemple rempli fixe le format bien mieux qu’une description. Et sur une série, chaque document doit repartir d’un contexte propre : dans une conversation longue, le format dérive, comme vu au chapitre 3.

Question 3

Quand faut-il demander du JSON plutôt qu’un tableau ?

Voir la réponse

C — Quand la sortie va être consommée par un programme, pas par un humain

Le JSON sert quand un programme lit la sortie. Pour un humain, un tableau ou des puces sont plus lisibles. Demander du JSON pour le lire soi-même ajoute du bruit sans rien apporter.

Le gabarit qui tient

Prenez une tâche que vous répétez : fiche de lecture, compte rendu, qualification de prospect. Écrivez le gabarit sous forme de squelette avec des champs vides et les règles de remplissage. Appliquez-le à cinq cas réels, chacun dans une conversation neuve. Comparez les cinq sorties : si deux d’entre elles divergent sur un champ, c’est que la règle de ce champ est ambiguë. Corrigez la règle, recommencez.

Un indice, si vous bloquez

Les champs qui divergent sont presque toujours ceux dont la règle dit ce qu’il faut mettre, mais pas ce qu’il faut faire quand l’information manque.